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Je suis une supra-émotive.
Mon cœur dicte toutes mes décisions, mes réactions, mes choix, ma vie.
Mon cœur décide, me donne une attitude peu mesurée. Éclats de joie, stupeur, tristesse, colère, je peux tout avoir en une journée, que dis-je en une heure.
Je fais une montagne avec peu, je magnifie ce qui est pas si beau que ça, je dramatise ce qui est si simple.
Ça m’attire des troubles. Ma raison tente de prendre le dessus, mais n’y est pas encore.
Mon cœur est plus fort, et bizarrement, je n’y changerais rien…
sauf peut-être en SPM.
Du moins dans ma tête…
Je pourrais chanter quand mon poulet brûle ou que j’en ai marre de faire du lavage.
Je pourrais sortir les paillettes et danser si je voulais compatir avec le malheur d’une copine.
Je pourrais même avoir une chorégraphie et des figurants quand je déclare mon amour à Chéri ou que je me pâme sur le nouvel amoureux d’une amie.
L’idée est bien entendu de laisser libre cours à toute l’exubérance qui sommeille en moi.
Avoir enfin le droit d’être vraiment kitsch.
À moi d’utiliser aussi Wikipédia:
La normalité est ce qui est conforme à ce dont on a l’habitude, ce qui ne surprend, ne dérange ni n’attitre la curiosité. C’est une notion vague, redéfinie en fonction de chaque personne, selon ce qu’elle est habituée à percevoir. Une chose normale est donc perçue quasiment inconsciemment et on ne s’en souvient pas facilement, alors qu’une chose anormale éveille l’attention et est facilement retenue par le cerveau. Étrangement, tout ce qui apparaît normal, au sens d’habituel, est d’emblée jugé correct par la société alors qu’on se méfiera tout de suite de ce qui est anormal, et ce bien que ce qui est normal, étant connu et accepté, est souvent beaucoup moins intéressant que ce qui est anormal ou inconnu.
Je lis cela et je me demande pourquoi donc je suis obsédée par la normalité. Suis-je normale? Est-ce que tout va bien avec moi ou suis-je bizarre? Sont-ce les hormones? Est-ce que j’ai l’air malade, triste, fatiguée, anxieuse, fausse?
Est-ce que je suis la seule à être hypocondriaque, à avoir parfois peur de m’évanouir dans une foule (même si j’adore les foules), à laisser mon subconscient me faire croire que je suis angoissée, stressée? Est-ce normal si je suis sans cesse à la recherche de l’insouciance de mon adolescence où la panique ne m’atteignait jamais? (ou du moins c’est l’impression que j’en garde)
Ça doit être la conscience de la vie adulte qui me rentre dedans, comme si là, c’était LE TEMPS que je vive alors que j’ai déjà entamé plus de 25 ans…
J’espère simplement ardemment y trouver mon compte et me laisser être furieusement heureuse plutôt que de tout questionner ou faire comme V, soit regarder ma vie passer devant mes yeux, comme si j’étais une actrice de soutien dans le propre film de ma vie. Et j’ai l’impression que je ne mériterais pas de trophée ces temps-ci.
Pourtant, j’ai tous les outils pour être vraiment bien. Un bon boulot, un bon amoureux, une bonne santé, une bonne famille, de bons amis, une belle vie. Suffirait simplement que je réussisse à aimer plus souvent celle que je vois quand je pose mon regard dans le miroir, à lui dire qu’elle est bonne, fine, belle et capable, et que non, elle n’a pas besoin de se comparer aux autres et qu’elle peut balayer son manque de confiance sous le tapis… Suffit juste que je me botte les fesses…
J’aime à me dire que tout le monde se questionne sur ces trucs-là. Je me surprends à regarder les gens et à me dire : “Suis-je la seule à me poser toutes ces questions?”, et là je vois que non. Ça m’aide à me sentir moins anormale…
Du coup, si tout le monde est anormal, n’est-ce pas là la norme, la normalité?
