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Ménage dans mon passé, dans ma nostalgie encrassée, dans mes souvenirs poussérieux, dans mes peurs collées.

Choisir ce que je garde, ce que je jette, ce que je recycle. Quels traits de caractère, quelles émotions m’allaient comme un gant à une époque et ne me vont plus du tout maintenant? Cette émotivité, ce côté dramaqueen, cette lunette qui me fait voir tout trop grand, me servent-ils encore? Ce souci de performance, de perfection, d’accomplissement, cette impossibilité de m’arrêter et de souffler un peu, est-ce que ça fonctionne toujours pour moi?

La psy dit que je suis à croisée des chemins. Je crois qu’elle a raison. Un pied dans l’enfance et l’autre dans la vie adulte.  À moi de prendre ce chemin et de décider ce que je mets dans mon baluchon. La route sera longue.

Cette fois, ça y est. Je me prends en main et je redresse le diadème sur ma tête de princesse enfoirée affective. J’entame une vraie psychothérapie.

Première séance, je parle de tout et de rien et tout d’un coup, de ma défunte mère. La psy veut me faire voir que sa mort survenue au tout début de mon existence a bouleversé le cours de ma vie bien plus que je ne peux le concevoir. Elle me demande comment elle était… Je ne m’en souviens pas.

J’ignore une bonne partie de qui je suis. Je dois aller voir, savoir, comprendre quel était son caractère, sa personnalité pour expliquer une bonne partie de ce que je suis incapable de répondre à propos de moi-même. “Il est temps”, me souffle la psy.

Plus tôt dans la séance, on parle de Chéri. Elle me demande pourquoi je l’aime. Ah, là c’est facile, les mots fusent, les sourires aussi. Elle me demande pourquoi il m’aime, selon moi. Silence radio. Je cherche et j’ai de la difficulté à mettre les mots sur les raisons qui motivent Chéri à carburer à ma personne…Moi si volubile, je cherche… La passion? L’intensité? L’intelligence? Je sors ses mots sans vraiment y croire, on dirait. Faudra bien que je lui demande pourquoi…

Décidément, ma vie me prend tout mon temps. Bercée par Sigur Ros, idéal pour demeurer dans cet état comtemplatif et mélancolique, je me dis que ma vie me prendra vraiment tout mon temps lorsque je déciderai sans souffler de la vivre….

Je suis une supra-émotive.

Mon cœur dicte toutes mes décisions, mes réactions, mes choix, ma vie.

Mon cœur décide, me donne une attitude peu mesurée. Éclats de joie, stupeur, tristesse, colère, je peux tout avoir en une journée, que dis-je en une heure.

Je fais une montagne avec peu, je magnifie ce qui est pas si beau que ça, je dramatise ce qui est si simple.

Ça m’attire des troubles. Ma raison tente de prendre le dessus, mais n’y est pas encore.

Mon cœur est plus fort, et bizarrement, je n’y changerais rien…

sauf peut-être en SPM.

Du moins dans ma tête…

Je pourrais chanter quand mon poulet brûle ou que j’en ai marre de faire du lavage.

Je pourrais sortir les paillettes et danser si je voulais compatir avec le malheur d’une copine.

Je pourrais même avoir une chorégraphie et des figurants quand je déclare mon amour à Chéri ou que je me pâme sur le nouvel amoureux d’une amie.

L’idée est bien entendu de laisser libre cours à toute l’exubérance qui sommeille en moi.

Avoir enfin le droit d’être vraiment kitsch.

À moi d’utiliser aussi Wikipédia:

La normalité est ce qui est conforme à ce dont on a l’habitude, ce qui ne surprend, ne dérange ni n’attitre la curiosité. C’est une notion vague, redéfinie en fonction de chaque personne, selon ce qu’elle est habituée à percevoir. Une chose normale est donc perçue quasiment inconsciemment et on ne s’en souvient pas facilement, alors qu’une chose anormale éveille l’attention et est facilement retenue par le cerveau. Étrangement, tout ce qui apparaît normal, au sens d’habituel, est d’emblée jugé correct par la société alors qu’on se méfiera tout de suite de ce qui est anormal, et ce bien que ce qui est normal, étant connu et accepté, est souvent beaucoup moins intéressant que ce qui est anormal ou inconnu.

Je lis cela et je me demande pourquoi donc je suis obsédée par la normalité. Suis-je normale? Est-ce que tout va bien avec moi ou suis-je bizarre? Sont-ce les hormones? Est-ce que j’ai l’air malade, triste, fatiguée, anxieuse, fausse?

Est-ce que je suis la seule à être hypocondriaque, à avoir parfois peur de m’évanouir dans une foule (même si j’adore les foules), à laisser mon subconscient me faire croire que je suis angoissée, stressée? Est-ce normal si je suis sans cesse à la recherche de l’insouciance de mon adolescence où la panique ne m’atteignait jamais? (ou du moins c’est l’impression que j’en garde)

Ça doit être la conscience de la vie adulte qui me rentre dedans, comme si là, c’était LE TEMPS que je vive alors que j’ai déjà entamé plus de 25 ans…

J’espère simplement ardemment y trouver mon compte et me laisser être furieusement heureuse plutôt que de tout questionner ou faire comme V, soit regarder ma vie passer devant mes yeux, comme si j’étais une actrice de soutien dans le propre film de ma vie. Et j’ai l’impression que je ne mériterais pas de trophée ces temps-ci.

Pourtant, j’ai tous les outils pour être vraiment bien. Un bon boulot, un bon amoureux, une bonne santé, une bonne famille, de bons amis, une belle vie. Suffirait simplement que je réussisse à aimer plus souvent celle que je vois quand je pose mon regard dans le miroir, à lui dire qu’elle est bonne, fine, belle et capable, et que non, elle n’a pas besoin de se comparer aux autres et qu’elle peut balayer son manque de confiance sous le tapis… Suffit juste que je me botte les fesses…

J’aime à me dire que tout le monde se questionne sur ces trucs-là.  Je me surprends à regarder les gens et à me dire : “Suis-je la seule à me poser toutes ces questions?”, et là je vois que non. Ça m’aide à me sentir moins anormale…

Du coup, si tout le monde est anormal, n’est-ce pas là la norme, la normalité?


Cette semaine, j’ai envie de vivre à New York. Accrochée à la série Felicity, je rêvasse. Je me vois, tendance avec Chéri, déambuler dans les rues de la grosse Pomme, avec un super appart comme dans P.S. I love you, et une chronique ultra-payante comme Carrie Bradshaw, la vraie vie quoi!

La semaine prochaine, j’aurai le goût de Paris. Je me verrai coquine et timide comme Amélie, mais résolument amoureuse, accrochée à Chéri sur sa mobylette, tout près de notre pied-à-terre dans Montmartre.

Dans un mois ce sera  bloddy Great Britain. Edimbourg, Cardiff, Londres ou Dublin, je ne sais trop. Il y aura définitivement de beaux accents et un vent de l’océan qui me fouettera le visage.

Une bonne semaine, j’apprécierai sûrement vraiment ce que j’ai. Un chez-moi montréalais avec un amoureux que j’aime, un chouette boulot de la maison, un vélo qui m’amène là où j’en ai envie.

Chéri: En tout cas, elle pétait toujours des coches, elle faisait des psychodrames avec tout et rien.

Moi (AKA l’angoissée chronique): Oui, mais j’en fais jamais moi des psychodrames?

Chéri: Oui, mais toi, tes psychodrames, ils valent la peine.

Je l’avais sûrement rêvé…Chaque nuit que j’ai passé en Islande ayant été parsemée de songes incongrus, irrationnels…Est-ce dû à l’air pur, au soleil de minuit ou aux elfes qui se cachent entre les plaques tectoniques et sous les geysers? Est-ce la musique de Björk et Sigur Ros ou le murmure de l’océan Atlantique, tout près des volcans et des glaciers? M’enfin…. Je l’avais imaginé…un peu, peut-être. Je l’avais certainement souhaité.

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Sortir de l’avion, le sac à dos lourd de souvenirs, d’images et de vêtements sales, les cheveux secs à cause des eaux sulfureuses des lagons, les yeux asséchés par l’avion, les joues rouges de fatigue et de bonheur. Traverser la douane, la déclaration, passer les grandes portes où tout le monde de l’autre côté de la vitre regarde pour voir si tu arrives…. Passer à côté de lui, sans le voir, parce que c’est papa et maman qu’on cherche. Voir les parents, les embrasser, et soudain, l’apercevoir passer derrière la colonne où il s’était caché… Sourire, s’exclamer, l’étouffer avec son sac à dos en l’étreignant…l’embrasser en sautillant, et se réfréner, parce que…les parents sont là quand même!

Retourner à la maison, avoir un million de choses à raconter, avoir de la difficulté à exprimer ce qu’on a ressenti durant le périple, se rendre compte à quel point il nous a manqué. Se rendre compte à quel point ON lui a manqué.

Profiter du weekend qui s’étire, passer du temps ensemble, être bien.

C’est la première fois que nous serons séparés pour aussi longtemps depuis nos deux ans et quelques mois de relation.

C’est la première fois que nous ne dormirons pas ensemble durant quatorze nuits consécutives.

C’est la première fois que nous ne voyagerons pas ensemble.

C’est la première fois, et pourtant j’ai espoir que ce ne sera pas si difficile que ça.

Parce que ce n’est pas la première fois que je nous fais confiance.

Parce que ce n’est pas la première fois que nous prenons des chemins différents pour un temps.

Parce que ce n’est pas la première fois que nous voyons notre relation comme la “cerise sur le sundae” de nos vies indépendantes.

Parce que ce n’est pas la première fois que nous nous disons “à tout à l’heure”…

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Je serai sur la route islandaise jusqu’au 11 juillet… Je tenterai de pondre à distance des textes que je viendrai poster ici par la suite…à bientôt!

“Il ne faut pas avoir peur du bonheur. C’est seulement un bon moment à passer”-Romain Gary

Je suis à mi-chemin entre l’âge adulte et l’adolescence, à califourchon sur deux époques de ma vie, en train d’essayer d’arrêter de rêver avec drame et démesure et de laisser entrer la sagesse du quart de siècle. Angoisse, quand tu nous tiens!

Parfois obsédée par la normalité et la convenance, souvent en quête furieuse du bonheur. Amoureuse et sérieuse, passionnée et résolument gauche(ère). J’ai la chance de pouvoir vivre de ma plume (journalistique), mais je m’enfarge encore dans les craques de trottoirs, je pleure presqu’autant que je ris, et je me tache irrémédiablement en buvant mon thé.

La discorde perpétuelle entre mon cœur et ma tête –à savoir qui prendra le dessus quand vient le temps de camper mes décisions dans ma vie d’adulte– font de moi quelqu’un d’un peu déjanté qui aime chanter sur son vélo (que j’use six mois par année) et…dans les karaokés (que je tâche de ne pas fréquenter plus d’une fois par six mois).

Fana de musique, de ciné, de télé, de lecture, je vis avec Chéri-à-la-barbe-de-trois-jours-perpétuelle dans un charmant cinq pièces (et demi!) dans le “soon-to-be-trendy” Hochelaga-Maisonneuve. La vie avec lui est un long fleuve tranquille, ce qui, pour la première fois de ma vie, ne me donne pas envie de me sauver à la nage. Chéri est mon antithèse de par sa mesure, sa confiance, son calme et sa rationalité qui lui permettent de savourer l’instant présent sans le remettre en question. J’aime à me dire parfois que c’est pour nous que le dicton “Les contraires s’attirent” a été écrit… Ce bonheur si simple (et tellement déroutant), je tente de le prendre, comme il vient… Ceci ne me rend pas moins enfoirée affective, loin de là, mais me place définitivement dans la catégorie “chouette pour une fille en couple”.

Sous peu, je bosserai de la maison, mi-employée, mi-pigiste. Pour le moment par contre, je ne songe qu’à m’envoler et voyager… Je suis moi, avec toutes les contradictions que cela implique…

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